Familles

Moulures, parquet, cheminée et une certaine dose de fantaisie : un Haussmannien vivant, entre famille et création.

Chez Delphine Plisson

Chez

Delphine Plisson et Romain Jubert, Lilas-Jeanne, 25 ans, Margaux, 18 ans, Keïzo, 17 ans, et Françoise, 8 ans.

Dans le quartier parisien de Saint-Georges, avec ses moulures haussmanniennes, sa lumière traversante et ses piles de livres, l'appartement de Delphine Plisson et Romain Jubert raconte une histoire en train de s'écrire. Ancienne épicière de luxe - c'est à elle que l'on doit Maison Plisson –, également autrice, Delphine ouvre aujourd'hui un nouveau chapitre en tant que rédactrice en chef de 20 ans plus tard, le magazine de société qu'elle imagine aux côtés de Romain Jubert, son compagnon et directeur éditorial. Projet auquel The Socialite Family contribue avec bonheur à travers une rubrique dédiée à la décoration signée Constance Gennari. Dans leur appartement parisien baigné de lumière, le couple compose une vie de famille joyeusement recomposée, où pièces chinées, mobilier choisi avec soin et œuvres d'art racontent autant leur histoire que leurs goûts. Une maison vivante, à leur image, où leur passion commune pour le cinéma - de Falling in Love à Papy fait de la résistance - s'invite comme un fil rouge dans le décor et rythme le quotidien.

Lieu

Paris

texte

Anne-Laure Griveau

Photographies et Vidéos

Gautier Billotte, Margaux Buisson

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

Canapé Le Monde Sauvage, table basse Willy Rizzo, sac « kraft » en cuir Larfeuille.

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

Canapé Le Monde Sauvage, table basse Willy Rizzo, sac « kraft » en cuir Larfeuille.

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

Chaise de jardin public chinée.

Chez Delphine Plisson

Photo du tournage du film Falling in Love avec Meryl Streep et Robert De Niro, film totem du couple.

Chez Delphine Plisson

Bougie Bibliothèque Byredo.

Chez Delphine Plisson

Chaise Jacques Hitier, pensée pour les appartements témoins de l’après-guerre au Havre.

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

Bougie Bibliothèque Byredo.

Chez Delphine Plisson

Chaise Jacques Hitier, pensée pour les appartements témoins de l’après-guerre au Havre.

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

TSF

Pouvez-vous nous raconter votre histoire avec cet appartement ?

Delphine

Je l'ai trouvé il y a un peu plus d'un an. Lorsque Romain est entré dans ma vie, qu'il a rencontré mes enfants et que j'ai rencontré sa fille, les choses se sont faites très naturellement. Petit à petit, cet appartement est devenu le nôtre, celui de notre famille recomposée.

TSF

Qu'est-ce qui vous a séduits ici ?

Delphine

Le quartier d'abord. J'y vis depuis longtemps, je m'y sens profondément chez moi. Il est commerçant, vivant, joyeux, tout en restant très agréable au quotidien. Et puis l'appartement lui-même : la lumière, les volumes, les moulures, le parquet... Il possède tout ce qu'on aime dans un bel haussmannien, avec un plan très fluide où il n'y a quasiment aucune place perdue.

Romain

Ce qui est assez amusant, c'est son plan circulaire. On peut quasiment faire le tour de l'appartement. Les enfants comme les chats en profitent d'ailleurs beaucoup ! Ici, c’est en réalité un stade pour félins.

Delphine

Et puis la salle de bain ! Immense, avec un plafond très haut. Ma première réaction a été : « Mais qui a eu l'idée de faire une salle de bain aussi grande… et surtout, pourquoi ? » Très vite, les doutes esthétiques ont laissé place au plaisir du confort.

TSF

Justement, comment vivez-vous en famille dans cet appartement, qui est aussi votre lieu de travail à tous les deux ?

Delphine

Nous avons la chance d'avoir un bureau deux étages plus haut lorsque nous avons besoin de nous isoler, mais la plupart du temps, nous travaillons ici. Nos bureaux sont face à face. Il suffit de se déplacer de quelques mètres pour échanger une idée, c’est génial. Malgré cela, nous passons aussi beaucoup de temps dehors, notamment place Saint-Georges qui est littéralement notre deuxième bureau. La journée y commence souvent par un café. J’adore son ambiance, son architecture et son calme. C’est un endroit très paisible et puis, en fin de journée, les spectateurs du théâtre arrivent et un autre rythme se met en place. Avec les enfants, le salon et surtout la table sont les véritables points de rassemblement. Le week-end, c'est là que tout le monde se retrouve.

TSF

Des recommandations de restaurants dans le quartier ?

Delphine

Les Canailles est un merveilleux bistrot de quartier, à l’ancienne, très bon, très bien tenu. Il faut aimer la cuisine bistrot, c’est foie de veau et trippes ! Nous sommes tous les deux des viandards, donc je n’ai pas trop d’adresses vegans ou pour les becs sucrés. Nous aimons aussi beaucoup Savarin, qui est aussi extra. Et Benjamin Schmitt prépare probablement le meilleur cassoulet de Paris.

Romain

Minimum !

TSF

D’où vous est venue l’envie de lancer un magazine ? Vous nous en dites plus sur 20 ans plus tard ?

Delphine

Je fais partie d'une génération de femmes qui bénéficie d'une nouvelle tranche de vie à partir de 45 ans. C’est inédit, nos mères ne l'ont pas connue de cette façon. Nous avons aujourd'hui vingt années supplémentaires à inventer, à investir, à savourer. 20 ans plus tard est né de cette conviction. De l’envie d’un projet commun avec Romain aussi… Très écrit, le magazine réunit une trentaine de femmes âgées de 29 à 82 ans : journalistes, décoratrices, cuisinières, professeures de Pilates, décoratrices... Une bande de ce qui pourrait être des amies qui crée le magazine qu’elles avaient envie de lire. Je trouve que cette deuxième partie de vie est une chance et qu’il faut l’investir, et pourquoi pas à travers les expériences, les parcours de vie ou les métiers de ces 30 rédactrices d’un genre nouveau qui m’accompagnent.

TSF

Comment fonctionne votre duo au quotidien ?

Romain

Delphine fait tout et moi je fais le reste ! (rires). Je donne des petits conseils de temps en temps.

Delphine

Romain crée des magazines (Vieux et Bon, ndlr) depuis trente ans. Comment trouver un ton, un rythme… C'est une chance immense d'apprendre à ses côtés. Il m'accompagne avec beaucoup de générosité, me transmet son expérience, son regard, son exigence. Nous échangeons énormément mais chacun garde son territoire. Choisir les contributeurs, définir le chemin de fer, relire les textes, les corriger… c’est plutôt le mien !

Chez Delphine Plisson

Dans la bibliothèque, "Laisse aller, c'est une valse", le premier roman de Delphine sorti aux éditions Lattès en 2025, et "Vieux", le magazine, dont Romain assure la direction éditoriale.

Chez Delphine Plisson

Delphine Plisson

Je fais partie d'une génération de femmes qui bénéficie d'une nouvelle tranche de vie à partir de 45 ans. C’est inédit, nos mères ne l'ont pas connue de cette façon. Nous avons aujourd'hui vingt années supplémentaires à inventer, à investir, à savourer. Le magazine 20 ans plus tard est né de cette conviction.

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

L'heure du goûter.

Chez Delphine Plisson

Lampe

The Socialite Family.

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

L'heure du goûter.

Chez Delphine Plisson

Lampe

The Socialite Family.

Chez Delphine Plisson

TSF

Il y a des magazines et des livres partout chez vous, d’où vous vient le goût de la lecture ?

Romain

Mon goût pour la lecture ? Il vient de l’interdiction de lire ! J’étais en pension, à Coutances, au Lycée Germain, et le temps était parfois très long. J’ai découvert sous le manteau les collections de S.A.S. et c’était parti ! Et de Son Altesse Sérénissime Malko Linge, je suis arrivé à Balzac et d’autres.

Delphine

Alors moi c’est très différent… Je passais beaucoup de temps avec ma grand-mère maternelle qui habitait dans le Morvan et qui m'a offert très tôt les livres de la Comtesse de Ségur. Et je suis tombée en amour, d'une part, pour ma grand-mère et pour ces livres qu'elle m'offrait. Dès que j'en terminais un, elle m'offrait la suite. Petit à petit, j'ai découvert à quel point c'était le plus grand des voyages de pouvoir s'isoler du monde à travers un bouquin. C'est vrai que ça a toujours fait partie de ma vie.

TSF

Vous partagez aussi un goût très prononcé pour le cinéma.

Delphine

Oui, nous regardons beaucoup de films. Parfois même en pleine journée lorsque nous avons besoin de faire une pause.

Romain

Nous avons les mêmes goûts, c’est-à-dire que je ne suis pas sûr que l’on regarde des films d’après 2000. On adore les vieux films, Une étrange affaire, Le Sucre, les Yves Robert… On a regardé Papy fait de la résistance tous les deux il y a deux jours.

Delphine

Au moins pour la deuxième fois depuis qu’on est ensemble ! Nous avons pas mal de photos de tournage dans l’appartement. Dans le salon, il y en a une du set de Falling in love avec Meryl Streep et Robert de Niro que j'ai fait découvrir à Romain au début de notre histoire. C'est sans doute l'objet le plus personnel de la maison. Je suis hyper contente d’avoir trouvé cette photo, elle nous rappellera toujours le souvenir de cette rencontre qu'elle résume assez bien.

TSF

Vous chinez beaucoup ?

Delphine

Presque tous les grands meubles sont chinés : la table Willy Rizzo en travertin, les chaises que j'ai fait retapisser, la table basse, plusieurs lampes... J’adore ma chaise Jacques Hitier pensée pour les appartements de l’après-guerre au Havre. Je chine plutôt en ligne, je mets des alertes sur des pièces ou des designers que j'aime et j'attends la bonne occasion. En ce moment, je cherche des chaises Bruno Rey, si quelqu’un en a et me lit, je passe un message ! En revanche, marque, qualité et savoir-faire, il y a une chose sur laquelle je ne transige jamais, c'est le lit. Un très bon matelas, une excellente couette et de beaux draps sont essentiels. Et bien sûr la pile de livre, sur le chevet… Je pourrais vivre entourée de livres.

TSF

Et pourtant il y a un côté épuré chez vous…

Delphine

Oui, je pourrais vivre entourée de livres, mais aussi de tapis et de canapés, avec un bar au milieu. Mais je serais tout aussi capable de vivre dans un espace dépouillé. Ce que je n'aime pas, ce sont les entre-deux. Les objets à vocation purement décorative, les bibelots, ne m'intéressent pas beaucoup. Je trouve très apaisants les espaces sobres mais extrêmement confortables. Ici, les belles moulures, le parquet et la lumière font déjà une grande partie du décor. Nous ne sommes ni collectionneurs ni obsessionnels de la décoration. Nous faisons évoluer l'appartement doucement, au fil de notre vie.

TSF

Vous étiez épicière, la cuisine garde-t-elle une place importante dans votre quotidien ?

Delphine

Énorme. J'ai travaillé treize ans dans l'épicerie fine et cela n'a absolument pas entamé mon plaisir de cuisiner. Au contraire. La première question que je me pose le matin est souvent : qu'allons-nous manger aujourd'hui ? Ce printemps, j’ai eu une petite folie asperges ! Nous avons énormément de chance avec les commerces de bouche du quartier.

TSF

Et lorsque vous quittez Paris ?

Delphine

Nous partons souvent en Bretagne et essayons surtout de ralentir. Lire, cuisiner, marcher, profiter du temps ensemble. Avec le lancement du magazine, nous vivons beaucoup au rythme du présent. Alors, dès que nous pouvons nous échapper quelques jours, nous savourons simplement le plaisir d'être ensemble.

Chez Delphine Plisson
Chez Delphine Plisson

Lampe en opaline des années 1960 chinée chez Nomibis, robe rayée Martin Martin, photo signée René Groebli trouvé à la Galerie de l'Instant.

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